L’Alliance des filles pour le développement des jeunes de Kédougou (AFDJ), sous la coordination du Centre Académique d’Orientation Scolaire et Professionnelle (CAOSP) de Kédougou et avec l’appui financier de Appel JFF et l’OIF, a organisé le mardi 12 mai 2026 une table ronde multi-acteurs au Centre de Formation Professionnelle (CFP) de Kédougou. Cette rencontre a réuni une trentaine de jeunes filles ainsi que plusieurs structures partenaires, notamment le Centre Conseil Adolescents (CCA), l’AEMO, la Police des frontières et l’ONG SenRésilience II. La cérémonie a été présidée par l’Adjoint au Préfet de Kédougou Papa Abdoulaye Mbaye. Et l’objectif principal de cette activité est d’échanger autour de la paix et de la sécurité des filles dans cette région frontalière afin de leur permettre de mieux comprendre les dangers auxquels elles sont exposées et de savoir comment les prévenir.

Selon les participants, les difficultés économiques auxquelles certaines jeunes filles font face peuvent les pousser vers des comportements à risque, notamment l’abandon scolaire, la délinquance ou encore la débauche. Prenant la parole, l’Adjoint au Préfet de Kédougou a rappelé que l’éducation demeure un pilier essentiel pour l’avenir des filles.
De son côté, Aminata Sankhé, psychologue conseillère au CAOSP de Kédougou et encadreuse de l’AFDJ, a indiqué que cette initiative vise à permettre aux filles de rester le plus longtemps possible à l’école, d’obtenir leurs diplômes et d’éviter les mariages forcés ainsi que les grossesses précoces. Elle a également expliqué que l’AFDJ a décroché un appel à projets qui lui a permis de mettre en œuvre plusieurs activités, dont une session de renforcement de capacités axée sur le leadership féminin et la confiance en soi, suivie de la table ronde consacrée à la paix et à la sécurité.

Selon Mme Sankhé, la région de Kédougou, en raison de sa position frontalière, expose les filles à de nombreux défis liés à la sécurité. L’objectif est donc de leur permettre d’identifier ces risques et de proposer elles-mêmes des solutions adaptées.
« Nous ne voulons plus que les filles soient seulement des victimes, mais qu’elles deviennent des actrices de changement», a-t-elle déclaré. Dans la même dynamique la présidente de l’AFDJ, Awa Ndiongue, a rappelé le thème retenu pour cette rencontre « Filles frontalières : des victimes aux actrices de changement, quelles stratégies adopter?»

Elle a tout au plus salué la pertinence de ce thème dans un contexte où la région de Kédougou partage des frontières avec le Mali (pays en crise sécuritaire) et la Guinée Conakry. Selon elle, la porosité des frontières constitue un défi majeur, d’autant plus que les jeunes filles restent souvent les premières victimes des phénomènes d’insécurité.
« La région accueille plusieurs nationalités. Il est donc important de consolider la paix, la sécurité et surtout la communication afin d’amener les filles à devenir les principales actrices de leur propre sécurité », a-t-elle soutenu.

Les autorités administratives, chefs de services et partenaires présents ont unanimement insisté sur la nécessité pour les jeunes filles de privilégier leur éducation tout en évitant si possible de développer des activités entrepreneuriales favorisant leur autonomie.
Très engagée, la présidente de l’AFDJ a enfin réaffirmé la volonté de son organisation de poursuivre les actions de sensibilisation et de plaidoyer afin de mieux défendre les droits des filles dans la région de .

